EMPLOI et PAPY-BOOM
Il était convenu au début des années 2000 que le départ à la retraite des générations nées après 1945, qualifiées depuis de baby-boomers, allaient contribuer à une baisse du chômage grâce à l’effet mécanique de la baisse de la population active à compter de 2007.
Force est de constater qu’en dépit d’une légère baisse du chômage, les effets bénéfiques du « papy-boom »attendus sur le niveau de l’emploi ne sont pas aussi forts que les économistes l’avaient prophétisé, et cela pour les raisons suivantes :
Ø Face à la concurrence internationale, les entreprises françaises sont toujours à la recherche de gains de productivité. Cela s’exprime à travers trois actions : la délocalisation de la production dans des pays à faibles coûts de production (Chine, Inde, pays de l’Est) ; le recours à l’informatisation poussée des tâches là où cela est possible ; et le non remplacement poste pour poste des départs à la retraite.
Ø Les politiques d’emplois aidés, le recul des départs à la retraite contribuent à l’augmentation de la population active. Selon une étude du Credoc, cette population a crut de 9 000 personnes en 2006, 32 000 en 2007 et l’on s’attend à une progression de 25000 en 2008.
Ø Nous constatons à ce que l’on peut qualifier de « mamy-boom » avec une forte augmentation de la population active féminine. Selon l’INSEE, entre 2003 et 2005, la tranche des 55 à 64 ans a diminué de 155 000 personnes chez les hommes, alors qu’elle a augmenté de 300 0000 chez les femmes. Carrière incomplète oblige, ces dernières ont tendance à demeurer en activité jusqu’à 65 ans.
Ø Certaines tendances sociologiques contribuent à maintenir et même ramener de plus en plus de retraités sur le marché de l’emploi (cf. fiche « Travail à la Retraite »). Ainsi, l’augmentation du nombre des divorces vers 50 et 60 ans, la forte hausse du nombre d’enfants nés d’un remariage, la volonté de ne pas être une charge financière pour ses descendants, sont autant de facteurs qui incitent les seniors à retarder l’âge de liquidation de leur retraite. Selon le Credoc 30% des séniors de 54 à 59 ans envisagent de retarder leur départ en retraite d’un an en moyenne en raison de contraintes financières, familiales ou professionnelles.
Ø Dernier facteur, les flux migratoires, qui, légaux ou illégaux contribuent à alimenter le marché du travail.
En conclusion, les effets significatifs du « papy-boom » sur la baisse du chômage, ne se feront sentir qu’à partir de 2012 et surtout en 2026, quand la tranche de la population âgée de 15 à 64 ans aura diminué pour de bon. Ce n’est qu’avec l’apparition des pénuries de main-d’œuvre que les entreprises seront forcées de s’intéresser aux plus âgés. Encore faudra-t-il que ces derniers présentent les qualifications requises.